samedi 13 novembre 2010

Pot de fer contre pot de terre

Cela fait déjà un moment que je dis qu'il est intéressant de regarder ce qu'il se passe dans l'industrie du jeu vidéo pour présager de l'avenir de celle du livre. La part de vente de jeux dématérialisés augmente d'années en années à l'aide de nouvelles stratégies pour asseoir une position toujours plus dominante. L'affaire Call of Duty : Black Ops en est un parfait exemple.

Comme la plupart des jeux maintenant, ce blockbuster vendu à des millions d'exemplaires en quelques jours bénéficie d'une distribution multicanale : il est possible soit de l'acheter chez un revendeur classique, soit de le télécharger sur la plate-forme Steam. La création d'un compte est gratuite mais le téléchargement est payant. L'avantage de Steam est de ne pas avoir à vous déplacer et de bénéficier de prix cassés dès que le jeu a plus de six mois. L'avantage du revendeur classique c'est de bénéficier des conseils du vendeur et d'avoir une belle jaquette et un manuel sous la main.

Or, pour l"occasion de la sortie du dernier Call of Duty, les revendeurs crient au scandale. Et ils ont raison.

Il y a deux trois jours je me suis empressé, en bon geek que je suis, d'acheter Call of Duty : Black Ops chez le revendeur le plus proche de chez moi. Ce n'est pas que je n'aime pas Steam, dont je suis un client régulier, mais je n'avais pas envie de me fader un téléchargement de 8Go. So on. J'achète donc le jeu et, premier agacement, je découvre que le manuel se réduit à la liste des touches clavier. Pour le coup, ça m'a énervé.

J'insère quand même le DVD, je lance l'installation et là... on me demande de patienter le temps de configurer l'installation sur Steam ! Et le jeu s'est effectivement installé sur mon compte Steam, préalable indispensable pour pouvoir jouer à ce jeu pourtant acheté en magasin !

Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Concrètement ça veut dire que les revendeurs classiques vendent des jeux qui devront obligatoirement être installés chez leur principal concurrent pour pouvoir être utilisés. C'est comme si j'achetais un livre chez mon libraire préféré et que je me rende compte qu'il faille me connecter sur le site d'Hachette pour télécharger la fin du roman. Et bien sûr découvrir par la même occasion tous les romans qu'il m'est possible de télécharger sur cette merveilleuse plate-forme.

Les revendeurs classiques de jeux vidéo vont disparaître car les éditeurs jouent contre eux. La seule chose qui les maintiennent encore en vie c'est le marché de l'occase, mais pour combien de temps encore ? Qu'en sera-t-il pour les libraires ?

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